45 Le Curiosum et la Notitia cités note précédente (d’après par Lugli 1952, p. 98), puis Polemius Silvius, Quae sint Romae (cité par Lugli 1952, p. 99). Pierre Gros (ibid., p. 56-61) commente ce dispositif en soulignant sa nouveauté par rapport au dispositif des basiliques tardo-républicaines, ouvertes sur l’extérieur et pourvues à l’étage d’une terrasse extérieure. Et Codice topografico della città di Roma 1940, p. 332. Colonne Trajane. La tête de la colonne, avec l’état-major est déjà sur le territoire ennemi, alors que les derniers soldats ne font que de sortir de la place forte. 94, pl. Car dans les pièces ouvertes vers le sud et l’ouest, les livres sont endommagés par les vers et la poussière, ce qui est causé par les vents humides, et qui provoque la moisissure des rouleaux de papyrus par diffusion d’un air moite96. 55 Traduction reprise de Coarelli 1994, 85. enregistrement des Fastes ostienses il a également rendu la date d'inauguration, le 12 mai. 34 – Schéma des conditions de visibilité de la frise. Il semble en conséquence impossible de déceler une évolution constante, bref d’attribuer le jeu des hauteurs à une volonté des créateurs de compenser la situation sur le fût, bien plutôt à des variations arbitraires. 31 – Reconstitution de la cour autour de la colonne Trajane, avec indication de l’escalier (d’après Stucchi 1989, figure 9). 109 Farinella 1981, p. 3, évoque de plus la possibilité que les sites représentés sur la frise pouvaient être nommés par des inscriptions peintes (ce que nous ne croyons pas, d’abord pour des raisons de visibilité, ensuite parce que l’identification précise des sites n’apporte rien au discours de la frise). Cet exercice requérait, forcément, certaines capacités du public. E. Panofsky note ainsi que, d’après Damien, l’architecte « doit neutraliser les illusions de l’œil en épaississant les colonnes en leur milieu, en rendant les cercles par des ellipses et les carrés par des rectangles [...] ». De par l’analyse interne des reliefs, on aurait pu s’arrêter à la spire 21 : en effet, cette dernière conserve peut-être l’indice de la visibilité espérée par les concepteurs de la frise, puisqu’au-delà on constate la disparition de la silhouette impériale. L’obstacle premier à la visibilité demeurant la verticalité de la frise, un observateur au sol se reculera pour distinguer au mieux les spires les plus hautes, quand bien même il peut distinguer les deux ou trois premières spires d’une position plus immédiate. Si on admet que les quatre premières spires sont aisément visibles depuis le sol (figure 33, segment C), il apparaît que, depuis les terrasses, ce seuil visuel minimal touche, au prix d’une distance plus importante (environ un mètre cinquante), la spire 16 (figure 34, segments C* : l’angle de base a été préservé ; si on conserve la distance de référence, le cône de vision, matérialisé par les segments C’ de la figure 33, atteint la spire 14). Le fût de la colonne est constitué d'une frise impressionnante, qui se déroule sur deux cents mètres, relatant la campagne militaire. Il va de soi qu’un observateur évoluant au sol pouvait se placer, sur les faces NE et SO, à six mètres de la base au lieu de neuf. Create Page. 34En dépit de divergences théoriques, les Anciens admettent que le mécanisme du regard consiste, non pas en une réception par l’œil de rayons lumineux79, mais : 35– soit en une réception par l’œil de « membranes » émises par la surface des objets. C. de Mourges frères Collection americana Digitizing sponsor Google Book from the collections of Harvard University Language 167 Le portrait féminin est aujourd’hui exposé dans les Marchés de Trajan. 6D’après cette description, le temple comportait, à l’étage, des galeries permettant une vision privilégiée de la statue, avec peut-être vue surplombante sur la statue depuis le haut. On peut en revanche s’attarder devant un tableau de Paul Klee : l’usage qu’il fait de l’écriture est moins aisé à déchiffrer, mais le statut de l’œuvre diffère à nos yeux, et en cette circonstance nombre de spectateurs se font plus attentifs au « message » écrit. Apollodorus de Damascus se voit attribuéer notamment par Dion Cassius (Histoire Romaine, 69LXIX, .4, .3) l'élaboration de quatre édifices : un pont sur le Danube à Drobeta (Roumanie) illustré sur la Colonne Trajane (scène LXXIV) (105 apr. Lucrèce reprend ainsi la théorie épicurienne des « simulacres » : « De tous les objets il existe ce que nous appelons les simulacres : sortes de membranes légères détachées de la surface des corps, et qui voltigent en tous sens parmi les airs »80. On peut en déduire qu’à partir de terrasses hautes de 12 m, le champ visuel englobe dans de bonnes conditions les spires 10 à 14, d’autant que l’angle visuel est, pour la même distance, moindre qu’au sol. Et Brilliant 1986, p. 77-78. 187 Contrairement à ce que suppose Paul Veyne, les observateurs attentifs existaient dans l’Antiquité, comme l’indique Plutarque, De tranquillitate animi IX (d’après Settis 1991, p. 193) : « La plus grande partie des hommes pensent devoir observer soigneusement et dans les détails (akribos kai kata meros) les poèmes, les peintures et les sculptures, en les parcourant avec les yeux et avec l’esprit ». Report de la distance de vision depuis le sol au niveau des terrasses (d’après les dimensions données par Farinella 1981). Ce point induit que les pontes ont subsisté pendant environ une décennie, ce qui est beaucoup pour des échafaudages, mais peu pour un dispositif de vision146... Un argument littéraire vient peut-être à l’appui de cette seconde hypothèse. L’examen de quelques-unes de nos planches suffit à s’en persuader : toutes montrent des accroissements ponctuels de la hauteur des spires. 63 Cette lecture doit beaucoup aux pages stimulantes de l’Aurea Templa de Pierre Gros, par exemple Gros 1976, p. 42-44 et 92-95. Sur l’imposante bibliographie consacrée à la question, consulter encore Mansuelli 1969, et Becatti 1982, p. 540-542, qui conclut que la dédicace fait référence, non à une hauteur entre Capitole et Quirinal, mais aux travaux nécessaires pour entailler les pentes des deux collines. Dans ce cadre officiel, la difficulté de la lecture est la conséquence de la volonté d’exhaustivité dans la description du rite, si bien que la stèle, monument de piété, était en elle-même à la fois document relatant le rite et preuve de la précision de son déroulement28. 26 et 28). La présence des deux bibliothèques, de la Basilica Ulpia et des propylées sur le quatrième côté de la cour (ou du temple), a amené divers auteurs à reconstituer une terrasse continue, permettant la fameuse vision à mi-hauteur de la frise94. Ce qui permet d’évaluer grossièrement l’inclinaison originale de la sculpture. Il est concevable que ce seuil narratif (l’essentiel des opérations étant passé, la présence de Trajan n’est plus nécessaire) a correspondu au seuil optique voulu par les concepteurs du projet : les spires 22 et 23 ne comportant plus la silhouette impériale, il n’était pas important qu’elles sortent du dispositif optique prévu. 21Lorsque l’on observe la colonne Trajane, on est frappé par sa hauteur et par la présence de la frise continue37. 128 Packer 1988, p. 316-317 : l’évaluation métrique est de 15,75 m, calculée d’après le dessin de restitution et l’échelle fournis par J. Packer. Mallwitz-Schiering 1964, p. 90-101, et planche 8 pour la reconstitution. En l’absence de tout témoignage archéologique incontestable (dans un sens ou dans l’autre), cette hypothèse optique émerge comme la plus favorable à une vision maximale des reliefs. Il faut donc distinguer conditions de visibilité et statut accordé à l’objet observé : s’il est observable, mérite-t-il de l’être ? Si l’on considère que le scellement était à l’origine perpendiculaire au support, il est possible de proposer une approximation du degré d’inclinaison (pl. L’organisation de thématiques verticales, qui favorisent la vision perpendiculaire sur le fût courbe de la colonne, en est l’illustration, de même que le choix des deux faces placées sur l’axe de circulation du Forum. Dans ces conditions, une variation de 10 à 20 cm, dans un sens ou dans l’autre, jusqu’à la spire 17 (par souci de prudence, nous abaissons le seuil de visibilité de trois spires) n’influe que de manière marginale sur la visibilité de la frise et ne constitue pas un phénomène notable. 97Parmi les fragments de décor du Forum, figurent deux portraits incomplets, en marbre blanc de Luni, l’un masculin, l’autre féminin. Pour ses détracteurs, cette hypothèse ne résoudrait pas tous les problèmes, car seules quelques spires supplémentaires seraient alors visibles. P. Gros). Intégrale de la colonne Trajane 2 Frise de la colonne Trajane 2/6, bataille, raid des Daces, renfort de troupes. 147 Turcan 1995, p. 245. 49Pline utilise le terme firmior ; or, la firmitas, nécessaire aux réalisations architecturales, est une qualité primordiale de l’architecture, reconnue par exemple au pont d’Apollodore100. 161 Ungaro 1995, p. 107, et Ungaro-Milella 1995a, p. 124125, proposent des prises de vue complémentaires de celles ici présentées. ), route planning, GPS and much more on Mapy.cz. L’extrait est traduit par Rouveret 1989, p. 68 (nous reprenons sa traduction) et commenté par Gros 1990a, p. 197. Par contre, depuis les terrasses, la distance est le paramètre essentiel : un observateur se placera en priorité contre le parapet, ce qui le rapproche des reliefs en vis-à-vis et lui donne de surcroît un aperçu vers les spires inférieures. 63Nous avons ensuite reporté le cône visuel de référence (depuis le sol) A-B de telle sorte qu’il atteigne la spire 23 au sommet de la frise. Cupid raising bunches of flowers with both arms Created around the same time. Dans le premier cas, l’ouverture supérieure de l’angle, qui améliore la vision, est compensée par une distance plus grande avec les reliefs. De plus, les livres ainsi ne se détériorent pas. Vertex est en général compris comme désignant la spire. Nous retiendrons ce dernier chiffre et reviendrons sur cette donnée. IIIa, spire 10-11 ; pl. J.-M. Croisille). Ce ouvrage présente les 140 scènes de la frise avec leurs description Topics: Trajan's Column (en), Colonne trajane, [ SHS.ARCHEO ] Humanities and Social Sciences/Archaeology and Prehistory Paris. Il est heureusement plus précis dans le cas du Zeus d’Olympie : Dans le temple se trouvent des piliers, et à l’intérieur au-dessus il y a aussi des portiques (stoai) ; un abord y est ménagé vers la statue (agalma). Enfin : à nos yeux de modernes, une fenêtre étroite ne peut assurer un bon point de vue sur un jardin. Voici le commentaire de Valette-Cagnac 1997, p. 18 : « Ce déchiffrement minimal, en grande partie facilité par la mémorisation des formules les plus usitées, devait suffire à la majorité des citoyens pour participer à la vie de la cité, sans qu’ils aient pour autant une parfaite maîtrise de l’écrit ». Dans ce domaine, la colonne Trajane n’innove pas. OpenEdition est un portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales. Museo della Civilità Romana, Rome. Pour Settis 1991, p. 190, la vision depuis les balcons « n’est pas une solution pour les problèmes de visibilité. Ou alors on s’accorde sur leur visibilité en sollicitant divers dispositifs. 1 Une partie de ce chapitre a fait l’objet d’une conférence à l’Université de Montpellier III, en 1995, dans le cadre des Journées de l’Antiquité. Même limitée à un fond coloré sur lequel se détachaient les personnages, elle témoigne dans la pensée antique d’un réel souci de visibilité, conforme à la définition impérative de la vision pour les Anciens : elle est à la fois lumière et couleur111. J’ai vu là (uisus), plus beau que le dieu lui-même, un Phébus de marbre, la lyre silencieuse et la bouche ouverte pour chanter ; tout autour de l’autel, de belles bêtes de Myron, quatre bœufs, vivantes statues. On peut cependant remarquer que, même en l’absence de terrasse continue, la thématique de ces faces et angles n’était pas hors de vue puisque des reprises ponctuelles les intégraient au discours d’ensemble (fig. Admettons-le, cette solution n’est, définitivement, pas satisfaisante. 102Pline l’Ancien mentionne, de manière ambiguë, l’innovation que constituait les imagines clipeatae : « On dédie maintenant des écus de bronze, des effigies d’argent, où la distinction entre les traits individuels est ignorée »176. La coïncidence est troublante, même si la présence de couleur sur la frise, qui améliorerait de manière indéniable la vision, ne résout pas tous les problèmes que nous, modernes, rencontrons en regardant la frise. 71On l’a dit, ces calculs sont tributaires des reconstitutions architecturales élaborées par les archéologues. Cela améliorerait certes les conditions de visibilité des spires hautes, mais ne concernerait jamais qu’une face156. 23Nous retrouvons la fonction funéraire et la grande hauteur chez Cassiodore : « Ses os furent placés dans une urne d’or sous la colonne du Forum qui porte son nom. Décrivant la statue d’Hécate due à Ménestrate et conservée dans le temple de Diane à Ephèse, Pline l’Ancien précise : « Les gardiens du temple conseillent de ménager sa vue quand on contemple l’œuvre, si vif est l’éclat lumineux du marbre »104. ... Frise Chronologique Préhistoire Géographie Cycle 3 Enseignement De L'histoire Évolution Humaine Homme Préhistorique. Il précise toutefois dans sa note 14 : « si on accepte cette hypothèse, il faut en tout cas se demander si la partie de la frise placée à la hauteur de ce balcon entraîne des mécanismes de perception qui lui sont propres ». Ces deux conceptions de la vision justifient à elles seules l’akribeia ou diligentia d’œuvres que nous considérons aujourd’hui « invisibles ». Le procédé épitomique prenait de la sorte sa force, tout en coexistant, comme dans la littérature antique, avec la narration extensive des événements. XXXVI, 102 (trad. En l’absence d’une inscription nommant le temple, l’identification est incertaine65, preuve que ce type de représentation se répète66et que les complexes cultuels obéissaient à des règles urbanistiques identiques, favorisant la vision faciale des bâtiments67. Le fond dominant de la frise devait être en rapport avec cette vision culturelle, un fond de couleur sombre, ce qui est conforme aux principes de l’optique antique. Des registres officiels devaient donc être conservés à proximité : aisément consultables, ils constituaient les documents de référence, les stèles ne jouant que le rôle de monument. Nous renvoyons à ces deux auteurs et aux passages de Panofksy 1975, consacrés à la perspective dans l’Antiquité, pour un tableau plus complet de l’optique grecque et de son application en art et architecture. « On voit mieux les objets proches que les lointains, car la force des rayons visuels diminue avec la distance ». Plus sûrement il prévit, dans le cas de Zeus Olympien, un dispositif architectural pour compenser la taille de la statue. Le point équidistant (segments D, en pointillés) touche la spire 3, c’est-à-dire qu’à l’exception des deux premières spires, les autres sont plus aisément visibles depuis la terrasse. PL 69 (cité par Lugli 1965a, p. 54). Le marbre est, dans l’Antiquité, la roche travaillée par excellence lorsqu’il s’agit d’œuvres durables, de prestige ou honorifiques. La conséquence est identique : l’œuvre est sortie de son contexte et mise à disposition des spectateurs, dans des conditions qui n’existaient pas à l’origine4. XXIIIa, spire 6 ; pl. Packer 1997a, p. 446, commente ainsi les propositions (qu’il réfute) de Carla Maria Amici : « There is, however, no evidence for stairs to a terrace of this kind [...] ; and in any case, the north and south sides of the Column would have been fully visible from the terrace of the Basilica and from the stairs and porch of the Temple of Trajan ». 82Ces réflexions aboutissent à la conclusion suivante : il existe un nœud visuel et structurel, un croisement des dispositifs architectoniques et iconographiques, à mi-hauteur de la frise, c’est-à-dire au niveau des terrasses. Décrivant quelques épisodes-clés des opérations militaires, l’auteur anonyme de la vie de Marc Aurèle ne procédait pas, semble-til, au hasard : Cet ordre a priori bizarre des faits [commente R. Turcan] correspond à ce qu’on voit sur la colonne [de Marc Aurèle] quand on se tourne vers l’ouest, c’est-à-dire vers le temple de Marc Aurèle. La 104Pline poursuit avec les boucliers de la Basilica Aemilia : Après lui, M. Aemilius, qui géra le consulat en même temps que Q. Lutatius, plaça des écus non seulement dans la basilique Aemilia180, mais aussi dans sa propre demeure, s’inspirant là également d’un usage militaire : en effet les portraits se trouvaient sur des boucliers semblables à ceux qui servirent à combattre devant Troie ; c’est de là qu’ils ont tiré leur nom de clupei, et non pas comme l’a voulu une subtilité mal placée de grammairien, de cluere181. Ainsi les textes épigraphiques et les dédicaces étaient en général écrits en majuscules, ce qui demandait un savoir moindre que le déchiffrement d’une écriture cursive, et permettait à une population peu alphabétisée de les déchiffrer21. Le seul rapprochement acceptable entre volumen et frise de la colonne Trajane passe, à notre avis, par la prise en compte de ce type de lecture dynamique. La solution choisie en fait la charnière optique du monument : ce seuil d’étrécissement, à hauteur de la douzième spire, permettait à l’observateur placé sur la terrasse d’observer dans de relatives bonnes conditions les parties supérieure et inférieure de la frise, sans être gêné par la diminution accélérée du diamètre du fût au-dessus de la spire 12. 58 Raoss 1968, p. 417-432. 66 Sur le rendu de la perspective, Panofsky 1975, p. 5461 et 68-93. Après les “ volumes respectivement publiés à Turin et à Rome par S. Settis en 1998 et F. Coarelli en Ce texte est finement analysé par Gros 1976, p. 43. Pensa 1969-1970, p. 267-274, a fait le point sur les hypothèses. Froehner, W. 1865. Nous avons déjà évoqué l’inscription qui mentionnait des pontes entourant la colonne aurélienne145. Concluons cette longue note en soulignant que la présence de colonnes à frise sur le monnayage rend surprenantes les théories relatives à la réalisation des reliefs à l’époque d’Hadrien (voir notre Introduction, notes 95 et 100). c’est la raison pour laquelle pendant le jour, même les portes fermées, il y régnait une clarté diurne, d’une manière différente de la transparence [specularis lapis est bien chez Pline la pierre dont on fait les vitres et qui laisse passer la lumière du jour], comme si la lumière était enclose [dans la phengite], et non comme si elle la traversait.